ENLUMINURE


ENLUMINURE
ENLUMINURE

Le nom d’enluminure est aujourd’hui donné au décor des manuscrits de préférence à celui de miniature , utilisé au XIXe siècle. Ce second terme fut d’abord réservé aux lettrines peintes en rouge (minium) puis, par extension, à toute l’ornementation des manuscrits; mais il prit rapidement d’autres sens et désigne surtout les scènes et portraits peints sur les couvercles des boîtes et tabatières à partir du XVIIIe siècle. Il vaut mieux, par conséquent, réserver le nom d’enluminure à la seule peinture des manuscrits. On considère généralement que ce décor est peint, mais de nombreux ouvrages, et non des moindres, comme le Psautier d’Utrecht , chef-d’œuvre de l’art carolingien, ne comportent que des dessins à l’encre brune ou de couleur. L’enluminure est donc le décor exécuté à la main, peint ou dessiné, ornant ou illustrant un texte presque toujours manuscrit; il existe, en effet, quelques livres imprimés décorés à la main. La peinture des manuscrits est, par définition, dépendante de l’art du livre et de son développement, puisque celui-ci lui fournit son support et qu’elle s’ordonne en fonction du texte. Bien que l’évolution de l’enluminure soit étroitement liée à celle de la «grande peinture», elle ne saurait être réduite à une branche de cet art: ce serait négliger une importante catégorie d’enluminures (compositions calligraphiques, lettres ornées...). Et, s’il est vrai que l’ornementation des manuscrits a toujours tenté de rivaliser avec la peinture autonome, l’aboutissement de cette tendance équivaut à la négation du rôle spécifique de cet art, puisque l’équilibre entre le décor et le texte, l’un étant très soigné et l’autre d’un intérêt négligeable, est alors rompu.

1. Types d’enluminures

Il n’est pas rare de trouver dans un même manuscrit plusieurs types de décor. On distingue principalement les scènes figurées, les compositions purement décoratives et les initiales. Les scènes figurées, illustrant un texte, ne sont pas toujours encadrées. Leur place par rapport au texte est variable, qu’elles soient insérées entre deux paragraphes, rejetées en marge, ou qu’elles occupent une pleine page. Les bordures, bandeaux marginaux, cartouches, frontispices, ont un rôle ornemental ; entrent aussi dans cette catégorie les «pages tapis», pleines pages couvertes d’un jeu abstrait d’entrelacs et de rinceaux, que l’on trouve dans les corans comme dans les codices insulaires, ou les antennes et bordures gothiques chargées de plantes et d’animaux, parmi lesquels se cachent les «drôleries». Les initiales, enfin, constituent la partie la plus originale de l’enluminure: les lettrines, majuscules peintes ou rubriquées, parfois rehaussées d’un motif très simple, relèvent autant de la paléographie que de l’histoire de l’art. Les lettres ornées sont plus complexes: les lignes générales de la majuscule subsistent et servent de cadre ou de support à un décor d’entrelacs, de plantes, d’animaux ou de personnages. On leur oppose les lettrines dites synthétiques où le décor seul dessine la silhouette de la lettre ; l’art mérovingien en a donné les plus parfaits exemples. Les lettres historiées sont des initiales qui servent de cadre à une scène narrative; celle-ci peut aussi bien se loger dans les jambages et les hastes d’une grande majuscule, rappelant ainsi la composition des lettres ornées, que dans les espaces laissés libres au centre de l’initiale. Ces distinctions sont, en fait, assez arbitraires, et les enlumineurs mélangèrent sans scrupule les genres et les catégories.

2. Les enlumineurs

On fit appel, dans l’Antiquité classique, à des peintres célèbres pour exécuter les portraits d’écrivains, et l’on ne peut guère parler d’ateliers d’enlumineurs avant le Bas-Empire: ces ateliers romains ou provinciaux travaillaient indifféremment pour les païens et les chrétiens. Du VIe au XIIe siècle, la fabrication des manuscrits fut essentiellement une activité monastique. Le nom d’illuminator fut peu employé avant l’époque gothique, et c’est plutôt celui de pictor que l’on rencontre, par opposition au scriptor ; ce dernier calligraphiait le texte et a peut-être joui d’une plus grande considération que le pictor , car il est bien souvent le seul à être mentionné par le colophon. Il est possible que pictor et scriptor aient été un seul et même personnage, mais la réalité est plus complexe: pour un même ouvrage, il n’est pas rare d’avoir plusieurs scriptores dont un seul était peintre. D’autre part, les peintres ne restaient pas toujours dans le même monastère: ainsi Liuthard, protégé de Charles le Chauve, à la fois peintre et copiste, semble avoir exercé son art dans plusieurs abbayes; au XIe siècle, Albert de Trèves fut appelé à Cluny pour tenter de redonner un peu de lustre au scriptorium bourguignon. Il existait enfin des enlumineurs vivant en dehors de la règle monastique bien avant l’époque gothique. Citons le Lombard Nivardus que Gauzelin, abbé de Fleury, fit travailler pour son couvent, et le peintre laïque Foulque qui, à la fin du XIe siècle, fut au service de l’abbé de Saint-Aubin d’Angers. Le lien entre les enlumineurs et les fresquistes reste encore à préciser; il est vraisemblable que, dans plusieurs cas, les peintres de manuscrits furent aussi les auteurs de peintures murales. À l’époque gothique, l’apparition d’une clientèle nouvelle entraîna un changement de la condition des enlumineurs. Les livres destinés à de riches laïques furent désormais enluminés dans des ateliers où une équipe de peintres était dirigée par un maître en renom. L’activité de ces ateliers s’étendit rapidement à la peinture des statues, des ivoires et surtout des tableaux. Ces conditions expliquent en partie l’emprise de plus en plus forte de la peinture autonome sur le décor des manuscrits et la transformation de la conception de l’art de l’enluminure au XVe siècle.

3. Les techniques

Le support de l’enluminure est le même que celui du texte: parchemin, papyrus ou papier. Au XIe siècle, au Bengale, les enluminures sont peintes sur des rouleaux de palme puis sur papier de riz. En Occident, à la fin de l’Antiquité, les volumina sont abandonnés pour les codices , et le parchemin devient le support par excellence des manuscrits; les enluminures sur papier sont exceptionnelles et n’apparaissent qu’à la fin du Moyen Âge. Les techniques sont semblables pour Byzance et l’Occident. Dans sa Schedula diversarum artium , le moine Théophile envisage les problèmes qui se posent à l’enlumineur: préparation des couleurs, des encres, pose des rehauts d’or et d’argent. Pour cette opération, la plus délicate, le parchemin était d’abord couvert d’un mélange de vermillon, de cinabre et de blanc d’œuf sur lequel était posé l’or en poudre, mêlé à une colle; il fallait ensuite polir avec une dent ou une pierre. L’emploi des rehauts d’or (ou d’étain coloré au safran) et d’argent, auxquels s’ajoute parfois l’éclat du parchemin teint de pourpre, était réservé aux ouvrages de luxe. Mais dans les scriptoria romans, trop pauvres ou ruinés par les invasions, ces rehauts ne firent pas leur apparition avant la fin du XIe siècle. Les fonds d’or, unis ou retravaillés à la plume, se généralisèrent au début de l’époque gothique. Dans certains ateliers, monastiques ou laïques, l’or était posé par des doreurs distincts des peintres et des scribes. Les couleurs pouvaient aussi être appliquées sur une «assiette» composée d’eau et de gomme, de blanc d’œuf ou de vermillon et de céruse. Cette technique, que pratiquèrent les Byzantins, gagna l’Occident et fut employée à Cluny avant 1100; mais cette préparation a presque toujours mal vieilli. Cependant, la plupart des enluminures étaient peintes directement sur le parchemin, soit avec une gouache épaisse, soit avec des couleurs très légères, proches du lavis ou de l’aquarelle. Auparavant, le peintre mettait en place son enluminure dans l’espace qui lui était réservé, à l’aide de figures géométriques très simples; il traçait ensuite le dessin à la pointe sèche et le repassait à l’encre. Un autre procédé consistait à repasser le dessin avec des encres de diverses couleurs.

4. Évolution de l’enluminure en Occident

Antiquité et Bas-Empire

L’art de l’enluminure remonte à l’Égypte antique, qui en fournit les plus anciens témoignages (rouleaux des morts). Les Grecs et les Romains possédaient des ouvrages illustrés; dans les textes littéraires, des lettrines peintes, parfois au milieu d’un mot, servaient de point de repère dans les colonnes du texte, mais il est peut-être abusif d’y voir l’origine des lettres ornées. L’abandon du volumen au profit du codex marque un tournant important, car le décor s’ordonne désormais dans une page. Aux IVe et Ve siècles, les enluminures attestent la survivance de la peinture illusionniste classique; elles la transmettront aux Byzantins et aux Carolingiens, qui la copièrent fidèlement. Il reste peu d’originaux de cette période: le Vergilius Vaticanus (Vatican, ms. lat. 3225) montre encore des effets de perspective et des fonds d’architectures, alors que, dans le Vergilius Romanus , les personnages sont raides et figés et toute perspective est abandonnée (Vatican, lat. 3867). Il faut aussi mentionner la bible disparue, rédigée en 440 pour Léon le Grand, laquelle joua un rôle important dans la formation du style de l’école de Tours, au IXe siècle. Au VIe siècle, l’enluminure prend un caractère nettement chrétien (Premiers Canons de concordance , Vatican, lat. 3806). Dans les Évangiles de Cambridge (Corpus Christi coll., cod. 286), la représentation de l’évangéliste Luc servit de modèle aux enlumineurs du VIIIe siècle. Le Pentateuque d’Ashburnam (Bibl. nat., lat. 2334) tranche sur ces œuvres par la violence de ses couleurs; il proviendrait d’un atelier d’Espagne ou d’Afrique du Nord, ou plutôt d’un atelier romain. De ces enluminures sont sorties, avec des fortunes diverses, les peintures byzantines et carolingiennes.

Enluminure byzantine

Les Byzantins héritèrent des traditions antiques, classiques et hellénistiques, et juives; l’illustration des manuscrits fut donc un commentaire de textes religieux par des scènes figurées, laissant peu de place à l’ornementation. Au VIe siècle, le nombre des centres artistiques (Constantinople, Antioche, Alexandrie) explique la diversité des styles (Genèse de Vienne , Évangiles à fond pourpre de Rossano ). Après la période iconoclaste (725-843), la «renaissance macédonienne» consacra l’hégémonie de Byzance en matière de décoration de manuscrits; le style classicisant est manifeste dans le Psautier de Paris (Bibl. nat., gr. 139) ou dans les Homélies de Grégoire de Nazianze , manuscrit qui appartint à Basile Ier (Bibl. nat., gr. 510), alors qu’au Xe siècle apparaît une peinture vive et maniériste, d’inspiration hellénistique (Ménologe de Basile II ; Theriaca de Nicandre , Bibl. nat., suppl. gr. 247). La légèreté du dessin qui persiste aux XIe et XIIe siècles s’accompagne d’un retour aux fonds dorés; les portraits impériaux des frontispices témoignent de l’art aristocratique de cette période, alors que les psautiers à illustrations marginales sont d’origine monastique (Homélies de saint Jean Chrysostome , Bibl. nat., Coisl. 79; Psautiers de Bristol , de Moscou , de Baltimore ). La conquête de Byzance, en 1204, puis la reprise en main de l’Empire par les Paléologues ne troublèrent pas le travail des peintres, qui s’orientèrent vers un style narratif, tempéré par un retour aux modèles classiques (Homélies sur la Vierge , Bibl. nat., gr. 1208). Mais, malgré la vigueur des traditions, l’influence occidentale finit par étouffer l’originalité de la peinture byzantine. Cependant, les contacts qui s’étaient établis antérieurement entre l’art byzantin et l’art occidental sont loin d’être négligeables: si les scriptoria ottoniens assurèrent la diffusion à l’ouest des techniques et de l’iconographie des écoles de Constantinople, le rôle des ateliers italiens fut au moins aussi important; ceux de Rome et d’Italie du Nord, d’une part, d’Italie du Sud, d’autre part, furent des centres d’échanges fructueux. L’enluminure d’Italie du Sud est, sur ce point, révélatrice (rouleaux d’Exultet ; mss exécutés au Mont-Cassin sous l’abbatiat de Didier; mss grecs d’Italie du Sud).

Enluminures insulaires et mérovingiennes

L’enluminure suivit en Occident des voies différentes; deux groupes distincts se formèrent aux VIIe et VIIIe siècles. Après l’évangélisation de l’Angleterre et de l’Irlande, les artistes locaux introduisirent dans le décor des livres leur vocabulaire ornemental, dérivé en grande partie de l’art du métal. L’art insulaire est caractérisé par les entrelacs et les spirales qui se déroulent sur les pages et abritent dans leurs replis de petits animaux, les figurations humaines tendant vers la schématisation ou la symbolisation. On lui doit l’invention des lettres ornées occupant parfois toute une page, qui dominèrent à l’époque romane. Le Livre de Durrow (Dublin, Trinity coll.), les Évangiles d’Echternach (Bibl. nat., lat. 9389) en donnent les plus parfaits exemples. La tradition antique se maintient cependant dans les représentations des évangélistes (Livre de Lindisfarne ); elle est alimentée par l’arrivée en Angleterre de livres ayant appartenu à Cassiodore et par l’existence de scriptoria anglo-italiens sur le continent. Au VIIIe siècle, l’école de Cantorbéry donne, avec le Codex aureus de Stockholm, la copie littérale d’un manuscrit du Bas-Empire. Sur le continent fleurissait parallèlement une autre forme d’enluminure: si les insulaires firent connaître la lettre ornée, on doit aux Mérovingiens les premières lettrines synthétiques, zoomorphes et anthropomorphes; ces initiales, peintes de couleurs très vives et lumineuses, sont formées d’oiseaux, de poissons, mis en place au compas. Les figurations des évangélistes selon la formule du Bas-Empire sont absentes, car l’enluminure mérovingienne est avant tout un art décoratif dont les origines sont encore discutées. Les principaux scriptoria mérovingiens sont ceux de Luxeuil, qui produisit le célèbre lectionnaire, de Chelles, de Corbie. Un groupe de manuscrits, dont le Sacramentaire gélasien (Vatican, Reg. lat. 316), proviendrait de la région parisienne, alors que le Sacramentaire de Gellone (Bibl. nat., lat. 12048) est donné à la région de Meaux. L’opinion selon laquelle le décor des manuscrits carolingiens rompt complètement avec celui des codices mérovingiens demande à être nuancée. Les initiales du IXe siècle ont en effet gardé certains éléments mérovingiens, en particulier les poissons et les oiseaux, mais en rétablissant, au moins partiellement, le tracé de la majuscule.

Enluminure carolingienne

Au IXe siècle, l’enluminure revient aux sources antiques, retour qu’expliquent la politique impériale et la culture classique qui régnait alors dans les milieux lettrés: dans toutes les abbayes en renom, on fit des copies de manuscrits des Ve et VIe siècles, œuvres de Térence, Prudence, traités astronomiques. Mais, malgré cette fidélité à l’esprit antique, les Carolingiens continuèrent à faire des lettres ornées à décor d’entrelacs, d’animaux et de feuillages, et le psautier de Corbie (Amiens, ms. 18) est déjà, par sa conception, un manuscrit roman. Plusieurs écoles se succédèrent, bénéficiant de la protection impériale. De la première, l’école du Palais, est sortie une série d’évangiles très luxueux (Évangiles de Godescalc , de Trèves , de Soissons ) dont les peintures renouent avec les principes classiques: naturalisme, essais de perspective et de modelé; les écoles de Reichenau, Saint-Gall, Corbie se rattachent à ce courant. L’école de Reims, protégée par Ebbon jusqu’en 845, se rallie, au contraire, au style antique illusionniste et crée des personnages vifs et allègres, peints avec une virtuosité éblouissante (feuillet d’évangiles de Bruxelles; Psautier d’Utrecht , copie probable d’une œuvre du VIe siècle; évangiles d’Ebbon, Épernay, ms. 1). L’école de Metz reste fidèle aux formes antiquisantes tout en donnant le rôle principal aux initiales historiées (sacramentaire de Drogon, Bibl. nat., lat. 9488). À Tours, la recension de la bible établie par Alcuin entraîna la confection de grandes bibles enluminées (Première Bible de Charles le Chauve ) dont les illustrations sont réparties sur des pleines pages, en longues bandes horizontales. Les peintures de l’Évangéliaire de Lothaire (Bibl. nat., lat. 266) ont gardé l’élan et l’audace de coloris du style rémois, alors que la seconde école de Reims s’inspire des bibles tourangelles (Bible de Saint-Paul-hors-les-Murs ). Quant aux ouvrages enluminés pour Charles le Chauve, dont ceux de Liuthard (Codex aureus ), ils furent sans doute faits à Saint-Denis. Toutefois, l’art carolingien n’est pas seulement constitué par ce retour à l’antique: un art provincial, beaucoup moins riche et moins savant, s’est développé à côté de l’art aulique, et d’autres tendances se manifestèrent dans les milieux de la Cour: les bibles que fit enluminer Théodulphe ont un décor aniconique, et la Seconde Bible de Charles le Chauve (Bibl. nat., lat. 2) ne fut ornée, à Saint-Amand, que de grandes lettrines élégantes, versions épurées des initiales insulaires, désignées sous le nom d’«initiales franco-saxonnes».

Héritage carolingien et enluminure romane

En raison des invasions normandes dans l’ouest de l’Empire, les héritiers directs des Carolingiens furent les Ottoniens et les Anglo-Saxons. L’art antiquisant se maintint au Xe siècle dans les «abbayes d’État» protégées par Otton le Grand. Les scriptoria les plus actifs furent ceux de Mayence, Fulda, Reichenau où serait né le type d’initiale dorée, chargée de pampres et de fleurons tréflés, qui se répandit jusqu’en France et en Italie. À Trèves, le maître du Registrum Gregorii poursuivit la tradition antique en l’interprétant avec une sensibilité qui fait de ses peintures des chefs-d’œuvre inégalés (feuillets de Trèves et Chantilly; Évangéliaire de la Sainte-Chapelle , Bibl. nat., lat. 8851). Son influence se fit sentir sur l’enluminure de Reichenau qui se distingue par une harmonie bleue, grise et mauve sur fond doré (Évangéliaire d’Otton III ). À Cologne et Salzbourg, la connaissance d’œuvres byzantines poussa les enlumineurs vers des recherches plus picturales (Péricopes de Munich , Staatsbibl. Clm 15713). Les enlumineurs anglais aboutirent à des résultats bien différents car, alors que les Ottoniens s’étaient servis de modèles de l’école du Palais ou de Saint-Denis, ils puisèrent leur inspiration dans les œuvres rémoises; l’apparition dans les scriptoria du Xe siècle du dessin polychrome est due aux mêmes causes. Cette technique fut utilisée avec bonheur dans les manuscrits de l’école de Cantorbéry où les personnages s’envolent dans un bouillonnement d’étoffes (copies du Psautier d’Utrecht ; Psautier de Bury Saint Edmunds , Vatican, Reg. lat. 12). L’école de Winchester se caractérise par des gouaches épaisses aux couleurs douces et par des feuillages débordant largement des cadres et formant aux angles des hélices échevelées (Missel de R. de Jumièges , Rouen, ms. 274). Ces différents styles se fondirent dans l’enluminure romane; l’union de ces éléments donna autant d’importance aux initiales qu’aux scènes figurées, et l’enlumineur roman eut recours à toutes sortes de combinaisons entre les lettres ornées, synthétiques et historiées. Les peintres du Nord renouèrent avec l’art carolingien grâce aux apports étrangers. L’influence anglaise se manifesta, dès le Xe siècle, à Fleury, puis à Vendôme (Homélies sur Ézéchiel , Orléans, ms. 175), en Normandie, à Saint-Omer, Arras (Psautier d’Odbert ; Bible d’Arras ). À Cîteaux, l’abbé Étienne Harding introduisit un style original (dessin caricatural, couleurs vives) représenté par la Bible et les Moralia in Job de Dijon , mais que les peintres cisterciens ne conservèrent pas. Les apports ottoniens se limitèrent d’abord aux régions de l’Est (Évangiles de Sennones ), puis s’étendirent à Cluny et à ses dépendances (lectionnaire, Bibl. nat., n. a. lat. 2246; Ildefonsus de Parme , ms. 1650). Mais, à Saint-Germain-des-Prés, le peintre Ingelard (1030-1060) enlumina un lectionnaire et un psautier avec une science qui ne devait rien aux apports étrangers. Un fait remarquable de l’histoire de l’enluminure romane est l’importance que prirent les scriptoria méridionaux; l’art du Midi fut formé des mêmes éléments que celui du Nord, mais des influences mozarabes et orientales s’y ajoutèrent. Parmi ses constantes – importance du dessin, initiales franco-saxonnes simplifiées, entrelacs réservés sur fonds polychromes –, la plus caractéristique est le rinceau dit «rinceau aquitain»; on trouve ces rinceaux dès la première moitié du XIe siècle à Limoges et Saint-Sever (Bibl. nat., lat. 1121, 8878). Vers 1100, l’enluminure méridionale atteignit son apogée dans les scriptoria d’Angers, Limoges, Moissac, Toulouse (Bible de Saint-Aubin d’Angers , ms. 4; Bible de Limoges , Flavius Josèphe de Toulouse , Bibl. nat., lat. 8, 5058). Au XIIe siècle, l’hégémonie est reprise par les ateliers du Nord, en contact avec les milieux mosans (Corbie, Saint-Amand, Saint-Omer). Toute une série de bibles, où les influences byzantines sont nettes, préfigure alors l’art gothique ; les bibles françaises de Souvigny, Lyon, Bourges, se situent dans la lignée des bibles anglaises de Winchester et de Lambeth.

Enluminure gothique

Les enlumineurs gothiques se tournèrent vers la recherche du naturalisme et de la perspective; l’illustration du texte, groupée en tête de l’ouvrage ou sur des pleines pages, reprend alors toute son importance. Au milieu du XIIIe siècle, les ateliers royaux peignent pour les grands personnages de la Cour (Évangiles de la Sainte-Chapelle ; Psautier de Saint Louis , Bibl. nat., lat. 10525), dans un style à peine différent de celui des productions anglaises (3e copie du Psautier d’Utrecht ). Le premier atelier parisien connu est celui de maître Honoré, qui travailla pour Philippe le Bel. L’atelier fut ensuite dirigé par Richard de Verdun (Vie de saint Denis , Bibl. nat., fr. 2091). Les « drôleries », peintes avec humour, font leur apparition en Artois et Picardie. Les ateliers étrangers gardent leur originalité, en particulier ceux d’Italie qui s’approprient très vite les découvertes de la peinture de Giotto et des Lorenzetti; la prépondérance parisienne s’affirme au XIVe siècle avec Jean Pucelle et ses collaborateurs: à la finesse du dessin, au modelé sensible, surtout dans les grisailles, ils allièrent les premiers essais de perspective à l’italienne (Heures de J. d’Évreux , New York, mus. des Cloîtres vers 1325-1328; Bréviaire de Belleville , Paris, Bibl. nat.). À la Bible de Jean de Sy (Paris, Bibl. nat.), entreprise sur l’ordre de Jean le Bon et continuée par ses fils, travailla l’un des enlumineurs de Charles V, dans le nouveau style à tendance naturaliste qui domine alors la peinture parisienne. Le mécénat de Charles V et de ses frères attira à Paris les peintres les plus réputés; de ce rassemblement est sorti le style gothique international. À côté de maîtres encore mal identifiés (maîtres de Bedford, de Boucicaut, de Rohan), une place spéciale doit être faite aux enlumineurs des ducs de Bourgogne et de Jean de Berry: André Beauneveu (Psautier à l’usage de Bourges , Bibl. nat., fr. 13091), Jacquemart de Hesdin, les frères Limbourg (Belles Heures , Très Riches Heures , Petites Heures de Jean de Berry ). Mais les enlumineurs de la fin du XIVe et du XVe siècle, en portant à la perfection la science du modelé et de la perspective, ont définitivement rattaché l’art de l’enluminure à la peinture sur panneaux; toutes deux évoluent désormais de la même façon, et les noms de Fouquet (Antiquités judaïques , Bibl. nat., fr. 247), de Bourdichon (Heures d’Anne de Bretagne , Bibl. nat., lat. 9474) le prouvent assez. Cependant, malgré le succès de l’imprimerie, on continue à enluminer des manuscrits, derniers sursauts d’un art qui se survit (Heures de Charles VIII , de Charles d’Angoulême , de Catherine de Médicis , de Louis XIV , et Guirlande de Julie ).

5. L’enluminure en Orient

Inde et Pakistan

L’enluminure naît au Bengale, au XIe siècle. Dans les œuvres de l’école de Goudjer t, les styles et la technique sont encore proches de ceux d’Ellor (personnages de profil, fonds rouges). Au XVIe siècle, sous les empereurs mogols, fut créée une école indo-persane dont les élèves, sous l’influence de la peinture occidentale, apprirent l’art du paysage et des fonds d’architectures, tout en restant fidèles aux traditions locales (personnages de profil, représentations de scènes de Cour et de harem). À côté de cette école, dont l’apogée se situe aux XVIe et XVIIe siècles, se développèrent les centres de Radjpoutana, de Kangra et de Basholi, qui se distinguent par l’audace de leurs coloris.

Enluminures arabes et persanes

Les prescriptions de la religion arabe contre les représentations figurées n’entravèrent pas l’essor de l’enluminure. Du IXe au XIVe siècle, la décoration des corans reste abstraite et s’inspire de la calligraphie; les ornements furent d’abord limités aux cartouches séparant les versets, puis constituèrent des compositions entre les divers chapitres; les frontispices sont ornés d’entrelacs et de lignes géométriques groupés dans un cadre rectangulaire auquel s’ajoute, en marge, un motif végétal. Les représentations figurées datent de l’époque abbaside.

C’est au XIIIe siècle que l’art du livre s’épanouit à Bagdad: après la simplicité des premières œuvres (Fables de Bipdai, Bibl. nat., arab. 3465) se manifestent des influences byzantines, surtout dans les arrière-plans architecturaux (De materia medica de Dioscoride, Istanbul, Ahmet III, 2127; les Séances, Bibl. nat., arab. 6094); mais les traditions arabo-musulmanes restent vivaces (Séances de Saint-Pétersbourg; Séances d’Al Was 稜t 稜, Bibl. nat., arab. 5847). Lors de l’écroulement des Abb sides, au milieu du XIIIe siècle, l’influence chinoise devint prédominante (Les Merveilles de la création , Munich, Staatsbibl. C. arab. 464) et l’école de Bagdad finit par sombrer dans le conformisme. C’est en Perse, où avaient fui des enlumineurs de Bagdad, que le décor des livres va retrouver son éclat. À Tabriz, sous les Il-Khans, triomphe le style mogol (Ch h-N meh de Cambridge; Kalila Wa Dimna, Istanbul, Bibl. univ.). Mais, à la même époque, le centre de Chiraz, beaucoup moins marqué par la peinture chinoise, produit des œuvres au dessin rapide et vif sur fond rouge (Mou’nis Al-Ahrar partagé entre New York, Cleveland, Princeton). Après la seconde invasion mogole, la dynastie des Timourides favorise un art tourné vers les recherches picturales, où le paysage tient une grande place (Épopée de Timour , British Mus., Or. 2780). Dans la seconde moitié du XVe siècle, le centre de l’enluminure passe de Chiraz à Hérat où un enlumineur de talent, Behzad, forma de nombreux élèves (Khamseh de Nizam 稜 , British Mus., Or. 6810). D’autres écoles furent fondées au XVIe siècle à Boukhara ainsi que dans plusieurs centres provinciaux.

Enluminure turque

L’enluminure turque est née sous les influences persane, hindoue et mogole, mais son attachement au réalisme et à l’expression lui a gardé toute son originalité. Au XIe siècle, le centre de décoration des manuscrits est à Konya, où l’école des derviches forme des peintres pour les ateliers royaux. Les Seldjoukides résistèrent au choc mogol du XIIIe siècle, mais ne purent empêcher l’influence mogole sur l’enluminure. La calligraphie naît au XIVe siècle, sous la dynastie ottomane, mais, en entrant à Constantinople en 1453, les Turcs découvrirent la peinture occidentale et surtout la peinture italienne. L’art du portrait se développa aux XVe et XVIe siècles avec les peintres Makkache Osman et Nigar 稜 (Fatih Mehmed tenant une rose , Topkapi , ms. 171346; Portrait de Soliman ). Au XVIIe siècle, l’enluminure prend un caractère anecdotique (mss de la Prise de Hotin et d’Egri ) et le prestige des modes occidentales finit par entraîner la préférence pour la peinture autonome et la miniature.

enluminure [ ɑ̃lyminyr ] n. f.
XIIIe; de enluminer
1Art d'enluminer. L'enluminure au Moyen Âge.
2Lettre peinte ou miniature ornant d'anciens manuscrits, des livres religieux. « On trouve dans les vieux missels de naïves enluminures » (A. Daudet).
3Littér. Coloration brillante (du visage).

enluminure nom féminin Art, action d'enluminer un manuscrit, un livre. Décor peint ou miniature d'un manuscrit enluminé. Littéraire. Coloration vive du teint, du visage, du style.

enluminure
n. f.
d1./d Art d'enluminer.
d2./d Lettre ornée, ou miniature, colorée, des anciens manuscrits.
d3./d Par ext. Litt. Coloration très vive (du visage).

⇒ENLUMINURE, subst. fém.
A.— Action, art d'enluminer. L'enluminure du XVe siècle. Il était le rénovateur de l'enluminure et l'un des plus incontestables artistes modernes (BLOY, Femme pauvre, 1897, p. 132). L'art de Gischia tend souvent à se rapprocher de l'art roman de la fresque comme de l'enluminure par la force et la simplicité des tons (SERRIÈRE, T.N.P., 1959, p. 109).
B.— Résultat de cette action; objet, dessin enluminé, orné de couleurs vives et contrastées. Une vingtaine de grossières enluminures qui, d'après l'ordre chronologique, magnifiaient les gestes de l'épée (CLADEL, Ompdrailles, 1879, p. 352). Une horloge dans sa gaine, au cadran fleuri d'enluminures (GENEVOIX, Raboliot, 1925, p. 57).
1. Spéc. Ornements, miniatures illustrant les manuscrits, notamment au Moyen-Âge. Un authentique vélin, avec d'admirables lettres de missel et de splendides enluminures (HUYSMANS, À rebours, 1884, p. 23). Les livres rares, les manuscrits à enluminures, les collections d'art sauvage d'Afrique et du Pacifique (MORAND, Londres, 1933, p. 187).
2. P. ext. [En parlant du visage] Vive coloration du teint, due à une émotion, à l'ivresse, ou obtenue par l'emploi de fards. Ce léger trouble se trahissait (...) à l'enluminure des pommettes et à l'éclat des yeux (HALÉVY, Mar. d'am., 1881, p. 152) :
Son visage étroit et plat, dont les rides étaient comblées par d'épaisses couches de rouge et de blanc, exprimait à fois la ruse et l'inquiétude. Cette enluminure manquait à quelques endroits de la face et faisait singulièrement ressortir sa décrépitude et son teint plombé...
BALZAC, La Peau de chagrin, 1831, p. 210.
3. P. métaph. et au fig.
a) Domaine des sentiments, des manifestations de l'esprit. Les polythéistes actuels, dont les principaux dogmes sont transformables en notions positives, couvertes seulement d'une sorte d'enluminure divine (COMTE, Catéch. posit., 1852, p. 328). Il y avait chez M. de Charlus (...) toute l'enluminure intérieure, invisible pour nous, mais dont il projetait ainsi quelques reflets (PROUST, Temps retr., 1922, p. 840).
b) Domaine de l'expression écrite. Abondance d'images, de tournures recherchées qui alourdissent le style et le rendent artificiel. Sa personnalité, [Flaubert] (...) fait jour ici, renflée, mélodramatique, déclamatoire, roulant dans l'emphase, la grosse couleur, presque l'enluminure (GONCOURT, Journal, 1861, p. 912). Il [M. de Tocqueville] ne laisse pas cependant de bien raconter ce qu'il voit et de s'en tirer fort convenablement avec sa sincérité d'impressions sans enluminure (SAINTE-BEUVE, Nouv. lundis, t. 10, 1863-69, p. 282).
Rem. On rencontre chez Claudel le subst. employé comme synon. de « illumination » (correspond à enluminer A 1). Cette illumination, cette enluminure de l'objet, constitue, aussi bien que la combustion, un état spécial de sa fonction vibratoire (Art poétique, 1907, p. 167).
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. a) 1302 « art d'enluminer (un manuscrit, etc.) » (Comtesse Mahaut, p. 99, J. Richard ds R. Hist. litt. Fr. t. 11, p. 506 : Ouvrage de enlumineure); b) 1676 « ornements qui décorent (un manuscrit, etc.) » (FÉLIBIEN, Dict., p. 570); 2. 1648 « coloration » (BALZAC, Le Barbon ds LITTRÉ : L'enluminure de son visage). Dér. du rad. de enluminer; suff. -ure. Fréq. abs. littér. :84.

enluminure [ɑ̃lyminyʀ] n. f.
ÉTYM. XIIIe; de enluminer.
1 Art d'enluminer. || L'enluminure du XIVe, du XVe siècle.
2 (1690). Lettre peinte ou miniature ornant d'anciens manuscrits, des livres religieux. (anglic.) Illumination, III. || L'enluminure d'un encadrement de page. || Fraîches enluminures d'un manuscrit médiéval. || Enluminures sur fond or. || Orner d'enluminures.
1 Des restes d'anciennes enluminures presque effacées teignaient les murailles de couleurs étranges (…)
Th. Gautier, Voyage en Espagne, p. 119.
1.1 J'aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires (…)
Rimbaud, Une saison en enfer, Délires II, Alchimie du verbe, Pl., p. 218.
2 On trouve dans les vieux missels de naïves enluminures (…)
Alphonse Daudet, le Petit Chose, I, IV, p. 36.
3 (…) son unique procédé consistait à peindre à la gouache, en pleine pâte, en exaspérant la violence de ses reliefs de couleur par l'application d'un certain vernis (…) Ses enluminures, par conséquent, avaient l'éclat et la consistance lumineuse des émaux. C'était une fête pour les yeux (…)
Léon Bloy, la Femme pauvre, p. 134.
3 (1648). Littér. Coloration brillante (du visage). || L'enluminure des joues.
4 (1656). Fig. et vieilli. Faux éclat (du style). || L'enluminure de son style.
4 Cette enluminure du style qu'on donne pour du coloris (…)
Marmontel, Essai sur le goût, in Œ., t. IV, p. 451, in Pougens.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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